La Renault Twingo E-Tech mise sur une petite batterie et une consommation minimale, à rebours du marché. Nous l’avons essayée : 10,7 kWh/100 km en ville, environ 210 km d’autonomie réelle, et un défaut assumé qui la disqualifie sur autoroute.
D’après l’essai de Soufyane Benhammouda, paru dans Génération Électrique & Hybride n°23. Photos constructeur.

Renault Twingo E-Tech : le pari de la sobriété
Nous avions déjà raconté le retour de la grenouille électrique au moment de sa présentation. Place cette fois au volant.
Cette quatrième génération reprend les codes du modèle originel, mais l’essentiel est ailleurs. Alors que le marché pousse les batteries à grossir toujours davantage, Renault fait exactement l’inverse. Avec 27,5 kWh utiles seulement, la Twingo ne cherche pas à battre des records d’autonomie. Son ambition tient en un mot : consommer le moins possible.
Nos consommations relevées
10,7 kWh/100 km en ville
C’est en ville que la citadine donne sa pleine mesure. Son poids contenu et son moteur de 82 ch s’y expriment pleinement, et la consommation descend à 10,7 kWh/100 km. Sur route secondaire, elle reste contenue à 13,2 kWh/100 km. Les voies rapides réclament en revanche davantage d’énergie, avec 16,5 kWh/100 km.

En mixte, avec les grandes jantes optionnelles, nous relevons environ 13,0 kWh/100 km. C’est un quasi-record sur le marché actuel. Concrètement, le coût d’usage ne dépasse donc pas 3 € pour 100 km en recharge à domicile.
Ce que cela donne en autonomie réelle
Renault annonce jusqu’à 263 km en cycle WLTP. Dans la réalité de notre essai, il faut plutôt compter près de 210 km. Le chiffre paraît modeste dans l’absolu, mais il doit être ramené à l’usage visé, urbain avant tout. Pour des trajets qui dépassent rarement quelques dizaines de kilomètres, le compte y est largement.
Le vrai défaut de la Renault Twingo E-Tech
Un refroidissement à air passif qui plafonne
Pour tenir les coûts, Renault a retenu une batterie à refroidissement à air passif. La génération précédente, elle, disposait d’un refroidissement liquide, plus onéreux. La conséquence se paie sur la route.

La température de la batterie grimpe en effet dès la première recharge, et cette dernière peine ensuite à évacuer les calories. Résultat : la seconde recharge devient interminable. Il faut donc rouler de plus en plus doucement à mesure que le mercure monte. Ce phénomène s’ajoute aux difficultés déjà connues quand la température joue contre la voiture électrique.
Avec seulement 100 km parcourus entre 80 et 10 % de charge, les arrêts s’enchaînent vite sur autoroute. Autant le dire clairement : ce n’est pas sa place.
L’option Advanced Charge, à 500 €
Le chargeur de 6,6 kW livré de série suppose que le client dispose d’un point de recharge privé. C’est vrai statistiquement, mais nettement moins dans la réalité d’une clientèle citadine. Mieux vaut alors cocher l’option Advanced Charge, facturée 500 €.
Elle apporte un chargeur embarqué de 11 kW et la recharge rapide à 50 kW. Ainsi équipée, la Twingo passe de 10 à 80 % en moins de 30 minutes. Cela ne la rend pas polyvalente pour autant, mais cela règle le quotidien de qui recharge sur borne publique. Un bon badge de recharge complète utilement l’équation.
Sur la route, un comportement plus mature
Sur les petites routes, la Twingo se révèle nettement plus convaincante. Elle reprend la plateforme CMF-B EV et le train avant de la Renault 5 E-Tech. Le châssis rassure, la direction est précise, et le confort tient malgré le gabarit compact.
Les performances restent évidemment modestes avec 82 ch. Elles suffisent pourtant à suivre le rythme, y compris sur voie rapide. Les accélérations sont franches en ville et les reprises permettent de s’insérer sereinement.
Pratique comme une Twingo
Malgré des dimensions extérieures contenues, l’architecture électrique libère un habitacle étonnamment spacieux. La position de conduite est naturelle et la visibilité excellente dans toutes les directions. À l’arrière, deux adultes voyagent sans difficulté sur des trajets urbains ou périurbains.
La planche de bord mise sur la simplicité, avec deux écrans. Les matériaux restent en revanche majoritairement rigides, ce qui est cohérent avec le positionnement tarifaire. Bonne surprise, Renault a conservé un volant à touches physiques : moins spectaculaire, mais plus pratique à l’usage.
Les rangements sont nombreux, les prises USB-C aussi, et le coffre affiche un volume compétitif pour la catégorie, avec une banquette fractionnable.
Pour qui est faite cette Twingo E-Tech ?
Pour un usage urbain et périurbain, c’est aujourd’hui l’une des propositions les plus cohérentes du marché. Le coût d’usage est imbattable et l’efficience remarquable. Pour partir en vacances à l’autre bout de la France, en revanche, il faut regarder ailleurs : notre guide des meilleures VE petit budget et notre sélection de voitures électriques et hybrides pas chères en 2026 donnent les alternatives.

