Avec la Numéro 8, DS Automobiles lance son nouveau porte-étendard électrique. Cette grande berline aux airs de SUV mise avant tout sur son autonomie élevée, son confort et son ambiance intérieure pour séduire le segment premium.
Mais face à une concurrence allemande et chinoise particulièrement agressive, la française parvient-elle réellement à justifier son positionnement haut de gamme ?
Article extrait du magazine Génération électrique et hybride n°21
Une silhouette originale entre berline et SUV
La DS Numéro 8 adopte une silhouette originale, à mi-chemin entre berline fastback et SUV. Une approche qui vise clairement à améliorer l’aérodynamisme et donc l’autonomie.
Longue de 4,82 m, elle repose sur la plateforme STLA Medium déjà utilisée chez Peugeot, Opel ou Citroën. Contrairement à ses cousines thermiques et hybrides, la Numéro 8 sera uniquement disponible en électrique.
Le résultat divise un peu. Certains apprécieront son style différent, quand d’autres pourront trouver les proportions légèrement déséquilibrées.

Jusqu’à 750 km d’autonomie annoncés
Sous le plancher, la DS Numéro 8 inaugure les nouvelles batteries françaises ACC produites par la coentreprise entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies.
La version Long Range reçoit une batterie de 97,2 kWh annoncée pour jusqu’à 750 km d’autonomie WLTP.
Dans les faits, les consommations relevées durant l’essai restent plutôt raisonnables :
- environ 14 kWh/100 km sur route,
- autour de 21,5 kWh/100 km sur autoroute.
La DS Numéro 8 fait ainsi partie des rares électriques capables de dépasser les 400 km d’autonomie réelle sur autoroute.

Une recharge encore en retrait face à la concurrence
C’est probablement le principal point faible du modèle.
La DS Numéro 8 conserve une architecture 400 volts alors que plusieurs concurrents premium passent désormais au 800 volts. Résultat : les temps de recharge restent en retrait.
Le passage de 10 à 80 % demande environ 33 minutes dans les meilleures conditions. Correct, mais loin des références actuelles du marché.
L’essai pointe également un comportement de recharge parfois irrégulier sur les premiers exemplaires testés.
Un intérieur travaillé mais des détails discutables
À bord, DS soigne clairement l’ambiance. Selleries, éclairages, matériaux et présentation donnent une vraie personnalité à l’habitacle.
L’espace à bord apparaît généreux et la planche de bord apporte une touche originale bienvenue dans un univers automobile souvent très standardisé.
En revanche, certains détails de finition déçoivent à ce niveau de prix. Plusieurs plastiques durs ou commandes peu valorisantes rappellent parfois des modèles Stellantis beaucoup plus accessibles.

Une conduite rassurante et très facile
Sur route, la DS Numéro 8 privilégie clairement le confort et la sérénité. La direction se montre précise, le freinage progressif et l’ensemble particulièrement rassurant.
Le modèle reçoit également une suspension pilotée capable d’adapter l’amortissement grâce à une caméra qui analyse la route.
Même si le confort reste globalement très bon, certaines réactions sur chaussée dégradée empêchent encore la française d’atteindre totalement le niveau des meilleures références premium.
Un modèle stratégique pour DS
Avec la Numéro 8, DS joue une partie importante de son avenir électrique. Le modèle possède de vraies qualités :
- une excellente autonomie,
- une conduite agréable,
- une identité forte.
Mais son tarif élevé et une recharge moins performante que plusieurs concurrentes pourraient compliquer sa mission sur un marché électrique premium devenu extrêmement compétitif.



