Longtemps, la notion de performance automobile s’est résumée à quelques indicateurs faciles à comparer : le 0 à 100 km/h, la puissance ou encore la sonorité mécanique. Avec l’électrification du marché, ces repères évoluent rapidement. Polestar entend désormais explorer une autre dimension : le ressenti du conducteur. Le constructeur suédois vient ainsi d’annoncer un partenariat inédit avec le SDG Impact Lab de l’Université d’Oxford afin d’étudier scientifiquement le plaisir de conduite des voitures électriques.
Une approche scientifique des sensations au volant
Cette étude pilote, lancée officiellement le 19 mai 2026, vise à déterminer si les émotions ressenties au volant peuvent être objectivement mesurées grâce à des données physiologiques et comportementales. L’objectif est ambitieux : identifier des signaux mesurables dans le cerveau et le corps permettant de caractériser le plaisir de conduite.
Pour mener ces travaux, six doctorants de l’Université d’Oxford ont été recrutés au sein d’une équipe multidisciplinaire réunissant spécialistes des sciences de l’ingénieur et chercheurs en psychologie expérimentale. Les participants à l’étude seront placés au volant d’un modèle Polestar haute performance, tandis que seront analysés leur activité cérébrale, leurs réactions biométriques et leurs comportements de conduite.
Cette démarche illustre aussi une transformation plus large du marché automobile électrique. Les performances brutes étant devenues relativement homogènes entre les modèles premium, les constructeurs cherchent désormais à se différencier par l’expérience globale de conduite.

Polestar veut redéfinir la notion de performance
Depuis ses débuts, Polestar tente de construire une image différente dans l’univers du véhicule électrique premium. La marque mise autant sur le design et le comportement dynamique que sur les enjeux environnementaux.
Avec cette collaboration universitaire, le constructeur remet clairement en question l’idée selon laquelle le plaisir automobile dépendrait avant tout du bruit moteur ou des accélérations spectaculaires. Une approche particulièrement intéressante à l’heure où les véhicules électriques délivrent des performances instantanées parfois devenues banales dans le haut de gamme.
Christian Samson, responsable des attributs produit chez Polestar, explique d’ailleurs que les données issues de cette recherche pourraient servir directement au développement des futurs modèles de la marque, afin d’affiner les réglages liés à la dynamique de conduite.
La Polestar 5 au cœur du projet
Cette étude intervient alors que la marque prépare activement le lancement de la Polestar 5, présentée comme le modèle le plus orienté performance jamais développé par Polestar.
Le constructeur met notamment en avant une architecture en aluminium collé destinée à réduire le poids, ainsi qu’un important travail sur les suspensions, le contrôle de traction, les freins et les pneumatiques. L’objectif n’est plus seulement d’obtenir des chiffres flatteurs, mais de travailler le ressenti global du conducteur.
Les essais dynamiques de l’étude doivent se dérouler en juin 2026 sur le circuit de Gotland Ring, en Suède. Les résultats seront présentés à l’automne lors d’un événement organisé à l’Université d’Oxford.

Une nouvelle étape pour les voitures électriques premium
Au-delà du simple exercice marketing, cette initiative montre surtout comment les constructeurs premium tentent aujourd’hui de réinventer la relation émotionnelle entre l’automobile et son conducteur dans un contexte d’électrification massive.
Pendant des décennies, les sensations mécaniques ont largement participé à l’identité des voitures sportives. Avec les motorisations électriques, silencieuses et extrêmement linéaires, les marques doivent désormais trouver d’autres leviers émotionnels.
En cherchant à objectiver scientifiquement le plaisir de conduite des voitures électriques, Polestar ouvre ainsi une piste intéressante pour l’évolution future des véhicules sportifs électrifiés. Une démarche qui pourrait, à terme, influencer toute l’industrie automobile premium.


